La découverte du cacao par les Olmèques

Il faut bien l'avouer, c'est certainement en observant l'appétit vorace du rat qui aime savourer la chaire des cabosses que l'homo sapiens a découvert cet arbre au mille saveurs. 

Les Olmèques (1500 à 400 av. JC) furent certainement les premiers humains à déguster, sous forme de boisson, les fèves de cacao broyées, mélangées à l'eau et agrémentées d'épices, piments et d'herbes (Théorie de Coe) et qui commencèrent à cultiver le cacaoyer au Mexique. Au fil des siècles, la culture du cacaoyer s'est étendue aux populations Mayas (600 av. JP) et Aztèques (1400 av. JC). La fève est alors utilisée comme unité monétaire et comme unité de mesure, 400 fèves équivalent à un Zontli et 8000 à un Xiquipilli. Au temps des guerres entre Aztèques, Mayas et Chimimeken, ces derniers utilisaient la fève comme impôt dans les zones conquises. 

Pour ces civilisations, le cacao est un symbole d'abondance qui est employé lors de rituels religieux dédiés à Quetzalcóatl, dieu Aztèque porteur du cacaoyer aux hommes, à Chak Ek Chuah, saint patron Maya du cacao et lors des funérailles des élites, comme offrande. 

La culture du cacao continue à s'étendre au gré des flux migratoires en Méso-Amérique mais la consommation de la boisson reste un privilège réservé aux classes supérieures et aux soldats au cours des batailles. Les vertus revigorantes et réconfortantes du cacao étaient déjà connues à cette époque.

Découverte et commerce du cacao (XVIème)

C'est en 1502, lors d'une escale au Nicaragua, que Christophe Colomb entrevoit les fèves de cacao à bord d'une pirogue indigène mais n'en saisit pas l'importance. La vraie valeur de cet « Or brun » ne sera réellement révélée que par Hernan Cortés qui après l'avoir dégusté au côté de l'empereur Aztèque Montezuma, le ramène à la cour d'Espagne en 1528 avec les accessoires nécessaires à la fabrication du breuvage. 

A la suite d'une guerre victorieuse contre les tribus indigènes et l'anéantissement de la civilisation aztèque, il entreprend l'intensification de la culture du cacao sur les terres de la Nouvelle Espagne afin d'exercer un commerce lucratif avec la Vieille Europe. 

La cour d'Espagne est subjuguée par le charme de cette boisson aux saveurs exotiques et l'adapte à son goût en y ajoutant du sucre de canne, de la vanille, de la cannelle et du poivre. Elle garde le cacao secret et se refuse à en dévoiler l'existence au reste du monde si bien que des pirates Anglais lors de l'abordage d'un galion espagnol ne reconnaissent pas la fève précieuse et brûle l'onéreuse cargaison! 

C'est en 1585, que le commerce du cacao commence à se développer sur la péninsule Ibérique avec la première cargaison officielle arrivant de Nouvelle Espagne. Les premières chocolateries apparaissent où l'on peut déguster ce nectar.

L'expansion du cacao en Europe (XVIIème - XIXème)

Au cours du XVIIème siècle, le cacao se dévoile au reste de l'Europe et conquiert victorieusement tous les palais qu'il y rencontre. Grâce à l'union royale de Louis XIII avec la princesse espagnole Anne d'Autriche (1615), la boisson chocolatée fait son apparition à la cour de France. 

En 1650, le chocolat émerge en Angleterre sous forme de boisson et son arrivée coïncide avec celle du thé de Chine et du café d'Orient mais reste un mets réservé aux classes aisées. En 1659, la première fabrique de chocolat ouvre ses portes à Paris. En 1720, les chocolateries italiennes sont acclamées pour la qualité de leurs produits. Enfin, en 1765, l'Amérique découvre les vertus du cacao. 

Ainsi le chocolat connaît une expansion croissante à travers l'Europe et le monde en se métamorphosant au gré du temps. Les premières pastilles de chocolat sont anglaises (1674), le premier cacao en poudre est hollandais (1828), la tablette est une création britannique (1830) et le chocolat au lait puis aux noisettes marquent l'arrivée triomphale de la Suisse sur le marché du chocolat (1830-1875). 

Grâce à cet essor, le chocolat commence lentement sa démocratisation alors que son utilisation en pharmacie avait été préconisée dès les premières heures car il recèle des propriétés revigorantes et fortifiantes.